| CE VENDREDI 13 NOVEMBRE 2015...|

samedi 14 novembre 2015

attentat_13novembre_2015

MOI: Si vous êtes disponible, je peux vous proposer le 13 novembre.
Mme X.: C'est quel jour?
MOI: un vendredi, ah, un vendredi 13 novembre, j’espère qu'il ne nous arrivera rien, hein!
Et on en rit...
En réalité, que le 13 novembre tombe un vendredi, je n'en ai rien à faire car pas superstitieuse pour un sous.

En me rendant au travail, ce vendredi 13 novembre 2015, à Paris, dans le 11ème, je n'ai qu'une seule hâte, que cette journée se finisse pour pouvoir être enfin en vacance. Mes collègues pensent à remplir un grille du loto, car nous sommes vendredi 13 et on se met à imaginer ce que nous ferions si nous étions riche. 

Ce même vendredi 13 novembre 2015, un des délégué du personnel nous rend visite avec un courrier, signé par la plupart de mes collègues, travailleurs sociaux, demandant à ce que nous puissions de nouveau faire des sorties éducatives avec les jeunes que nous accompagnions. 

Depuis janvier, suite aux attentats du 7, 8 & 9 janvier, notre direction interdit nos différents services de sortir avec des jeunes sur Paris et d'utiliser les transports en commun. Seulement cela fait plusieurs mois et cette interdiction devient pesante dans notre travail, surtout avec les adolescents avec qui il est difficile de ne prévoir que des rendez-vous au service ou à leur domicile. 
Je signe donc volontiers ce document, ce vendredi 13 novembre 2015.

L'après-midi même, je reçois une maman et son fils à qui je dois expliquer, entre autre, que jusqu'à nouvel ordre nous ne pourrons faire des activités à l’extérieur, et je peste à l’intérieur de moi, contre cette interdiction, ce vendredi 13 novembre 2015.

Je pars à 18h30 du service et je suis ravie d'être enfin en vacance. En rentrant, je suis heureuse de retrouver enfin ma moitié. Au programme: Football, chouette! (réaction ironique). Le match commence et quelques minutes après son lancement, on entend 2 grandes intonations successives, que l'on pense être des pétards, comme la plupart des spectateur et téléspectateurs, et je suis à mille lieux d'imaginer ce qui est en train de se passer ce vendredi 13 novembre 2015.

La fin du match est annoncé en même temps que des événements marquants, réaction: "qu'est ce qu'il se passe encore?". Tout s'enchaîne, "fusillade", "morts", "explosifs", "stade de France", "Paris", "11ème arrondissement", "attentat". Toute cette journée me revient à l'esprit et tout me revient en écho, cette pétition que j'ai signé. J'ai honte d'avoir oublié que cette interdiction de sorties éducatives fait suite à des attentats, à une dizaine de morts et de blessés.

Je pense aux familles habitant à proximité...

Puis je pense à ma famille, mes amis dont je prends les nouvelles. Les minutes sont longues dans l'attente des réponses mais elles arrivent et elles sont positives.
Les images tournent en boucle et le bilan s'alourdie. Quand tout cela s'arrêtera-t-il?

Je me souviens...
De ce mois de janvier 2015, où une collègue, de confession musulmane qui avait assisté à une discussion entre deux autres collègues, suite aux attentats: "pourquoi les musulmans ne se sont-il pas manifesté et réagi?"
Sans commentaires

Je me souviens...
De cette même collègue qui s'était vu "accordé le soutien" d'une autre collègue, suite aux attentats de janvier 2015, car elle est musulmane.
Sans commentaires

Je me souviens...
De ce monsieur, barbu, dans le RER A, à la Défense, avec son Livre Saint dans la main, qui était dévisagé de toute part, comme un danger potentiel suite aux attentats du janvier 2015.
Sans commentaires

Mais je me souviens encore et surtout...
De cette "marche Républicaine" ce 11 janvier dernier rassemblant plusieurs millions d'être humain, français où non.

Je me souviens de cette France qui s'est majoritairement indigné face à ces actes meurtriers.

Puis la vie à repris progressivement son cours comme elle la reprendra prochainement.

J'avais envie de partager mon ressenti suite à ces actes terribles, effroyables et à leurs conséquences...

Poser des mots, toujours des mots, rien que des mots....

Pour toutes les victimes, leurs familles, les personnes touchés de loin ou de près, nous tous en somme.

Parce que la folie meurtrière ne devrait pas existé, dans n'importe quel pays, et pour n'importe quel raisons.

Parce que cela me dépasse, nous dépasse....




MAYASA.

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